Mammifères marins

Publié le 17 octobre 2019 — Modifié le 28 septembre 2020

Les mammifères marins, par définition, sont des mammifères placentaires dépendant du milieu marin pour leurs ressources alimentaires.

Se situant au sommet de la chaîne alimentaire, ils sont de bons indicateurs de l’état du milieu dans le lequel ils vivent. Les enjeux de conservation des mammifères marins sont primordiaux étant donné leur place écologique importante et leur fort intérêt patrimonial.

Caractéristiques des mammifères marins

Trois grands groupes de mammifères sont identifiés : les Cétacés, les Pinnipèdes, et les Siréniens (Figure 1).

  • Les Cétacés sont divisés en deux groupes.

Les mysticètes ou cétacés à fanons, représentés entre autre par les baleines, se nourrissent en filtrant l’eau pour en extraire leurs proies (planctons, petits poissons). Ce sont de grands migrateurs entre leurs zones d’alimentation en milieu polaire ou subpolaire et leurs lieux de reproduction en milieux tempérés ou tropicaux.

Les odontocètes ou cétacés à dents, représentés par exemple par les dauphins, les orques, sont des mammifères marins sociables évoluant en groupe. Afin de localiser leurs proies, ils utilisent l’écholocation, un système de sonar.

  • Les Pinnipèdes, représentés entre autre par les morses, les otaries, les phoques, vivent en colonies à terre et se nourrissent en mer.
  • Les Siréniens représentés par les dugongs ou les lamantins, sont des animaux côtiers herbivores, vivants proches des herbiers et des récifs coralliens.

Répartition des mammifères marins dans les océans indien et austral

  • Zone tropicale

A la Réunion, à Mayotte et sur les îles Eparses, les mammifères marins sont largement représentés par les cétacés, avec 33 espèces identifiées (Figure 2). Le dugong n’est présent qu’à Mayotte.

Plusieurs espèces de dauphins dont 4 à La Réunion sont observées tout au long de l’année dans les eaux tropicales de l’océan indien : le grand dauphin commun (Tursiops truncatus), le grand dauphin de l’indo-pacifique (Tursiops aduncus), le dauphin long bec (Stenella longirostris) et le dauphin tacheté pantropical (Stenella attenuata).

L’espèce de baleine la plus observée dans le sud-ouest de l’océan Indien est la baleine à bosse (Megaptera novaeangliae). Chaque hiver austral elle migre depuis les eaux polaires où elle se nourrit pour se reproduire ou mettre bas dans des eaux tropicales plus chaudes.

D’autres cétacés comme les orques (Orcinus orca) ou les cachalots (Physeter macrocephalus) sont également visibles dans ces eaux tropicales.

  • Zone sub-antarctique

Au niveau des Terres Australes, les cétacés sont toujours bien représentés avec les pinnipèdes (Figure 3).

Il est observé une sous-espèce endémique de dauphin de Commerson (Cephalorhynchus commersonii) présent uniquement à Kerguelen, et d’autres espèces plus communes comme par exemple l’orque (Orcinus orca) ou le globicéphale noir (Globicephala melas).

Quelques otaries (Arctocephalus tropicalis, Arctocephalus gazella) et éléphants de mer (Mirounga leonina) sont observés sur les îles de Saint Paul et Amsterdam.

  • Zone antarctique

Les cétacés ne font pas partie des espèces reproductrices dans cette zones, mais sont de passage notamment pour la recherche de nourriture. Les eaux froides polaires sont des eaux productives chargées en phytoplanctons, base de la chaîne alimentaire : les baleines à bosses, les cachalots, les orques, les baleines bleues y sont observées profitant de cette zone d’alimentation.

Quatre espèces de pinnipèdes reproductrices en Terre Adélie sont observées : le léopard de mer (Hydrurga leptonyx), le phoque de Weddell (Leptonychotes weddellii), phoque crabier (Lobodon carcinophaga) et le phoque de Ross (Ommatophoca rossii) (Figure 4).

Menaces sur les mammifères marins et conservation

Datant de la préhistoire, la pêche baleinière a longtemps été présente dans tous les océans, avec une intensification liée à la modernisation au cours du 19eme siècle. Au total, il a été estimé que plus de 2,9 millions de baleines et de cachalots ont été chassés au cours du 20eme siècle (Rocha et al. 2014). Cette forte industrie a eu des effets négatifs sur les populations, comme par exemple la baleine bleue (Balaenoptera musculus) qui est classée « en danger » sur la liste rouge de l’IUCN avec la population actuelle estimée entre 3 et 11% de la population du début du 20eme siècle.

C’est en 1948 qu’il y a eu la mise en place de la commission baleinière internationale composée de 88 états membres, ayant la volonté de conserver les stocks de baleines en mettant en place progressivement un arrêt total de la pêche commerciale.

Dans l’Océan indien, en 1979 la chasse commerciale devient interdite avec la création du sanctuaire baleinier de l’Océan indien. En océan austral il faut attendre 1994 pour cette même réglementation avec la création d’un nouveau sanctuaire dans cette zone.

Actuellement, les mammifères marins sont soumis à différentes pressions, généralement liée à l’activité humaine : collision avec les navires, prises accidentelles par les engins de pêche, pollution, dégradation des habitats liée à l’urbanisation, perturbations acoustiques (moteur de navire, sonar), changements globaux.

En parallèle, les mammifères marins prédateurs comme les cachalots, les orques, les globicéphales ou les otaries, consomment les poissons capturés pendant les opérations de pêche, provoquant des pertes économiques importantes. Cette déprédation fait l'objet de programmes de recherche menés conjointement entre pêcheurs et institutions, afin de trouver des solutions viables à long terme.

Dans la plupart des pays, les mammifères marins font partie des espèces protégées. L’amélioration des connaissances sur ces animaux permet progressivement une meilleure gestion de l’interaction entre les hommes et les mammifères marins, notamment en ce qui concerne la pêche.

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