Récifs coralliens

Publié le 11 juin 2020 — Modifié le 28 septembre 2020

Les récifs coralliens représentent 0,1% de la surface des océans, et abritent plus de 25% des espèces marines connues. Ils apportent un grand nombre de services écosystémiques à des millions de personnes : revenus pour plus de 100 pays, source de nourriture constituée par les apports de protéines (poissons, crustacés, mollusques associées aux récifs coralliens), développement touristique (forte valeur patrimoniale, culturelle et paysagère), protection contre l’érosion des côtes. Les récifs coralliens ont donc un rôle écologique et socio-économique majeur pour de nombreuses nations de la ceinture intertropicale.

Le corail est un animal (polype) qui génère une bioconstruction calcaire grâce à sa symbiose avec des zooxanthelles (algues). Il existe un grand nombre d’espèces coralliennes, que l’on peut regrouper selon leur forme, ce qui caractérise la complexité du récif et donc de l’habitat (Figure 1). Par exemple, le genre Acropora branchu permet la structure tridimensionnelle du récif et apporte une multitude de fonctions : abris, site de ponte, nurserie, site de nourrissage … ce qui permet d’accueillir une grande diversité faunistique. A l’inverse, les formes encroûtantes comme les Favites ou Astreopora apportent une structure plus aplatie et donc moins complexe.

Les genres comme Porites et Pocillopora considérés comme résistants et opportunistes sont de plus en plus représentés.

Les récifs coralliens forment l’habitat le plus représentatif dans l’Océan indien.

A l'échelle des temps géologiques, l’île de La Réunion est une île volcanique jeune (datant de 3 millions d’années). Elle est de ce fait constituée de récifs frangeants, constructions récifales récentes (8000 ans) et encore peu développées. Etant peu éloignés des côtes, les récifs frangeants sont plus vulnérables aux sources de perturbation. A La Réunion, les récifs sont développés sur la côte ouest, sur une bande discontinue de 12km de long (Figure 2).

Mayotte est une île volcanique géologiquement plus vieille que La Réunion (datant de 9 millions d’années). Les constructions récifales y sont alors plus développées, et forment une double barrière qui entoure l’île (Figure 3).

Les îles Eparses, gérées par les Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF), sont composées de cinq îles coralliennes, inhabitées par l’homme et donc dépourvues de pressions anthropiques directes : Tromelin, archipel des Glorieuses, Juan de Nova, Bassas de India et Europa (Figure 4). Les récifs coralliens sont de ce fait encore bien préservés sur ces îles, et malgré une leur très faible superficie, elles regroupent 40% de la surface récifale de l'Outre-mer français de l'océan Indien. Les îles Eparses sont donc considérées comme des écosystèmes de référence dans la zone du sud-ouest de l’océan Indien.